Une agriculture respectueuse de l’environnement et des systèmes écologiques où le sol, le climat, les plantes, les insectes, les animaux et les humains forment un tout indissociable.

Le principe de base de l’agriculture biologique est de nourrir le sol avec des composts, des engrais verts, etc. Pour qu’une vie intense s’y développe (microbes, champignons, insectes, acariens, vers, etc.) pour fournir aux plantes les éléments nutritifs dont elles ont besoin. Nous préservons les arbres, les brises-vent, des milieux naturels, pour qu’une faune équilibrée s’y développe.

Nous n’utilisons aucun engrais et pesticides de synthèses ni d’OGM.

Toutes les fermes qui utilisent l’appellation biologique au Québec, doivent être certifiées par un des organismes certificateurs reconnu par le MAPAQ (Ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation). Un cahier des normes doit être respecté tant pour la culture des plantes que pour l’élevage des animaux et la transformation des produits. Un sol en santé dans un environnement équilibré favorise la croissance de plantes saines et d’animaux en santé.

Les insectes dit ‘’nuisibles’’ font partie de l ‘écosystème et ne deviennent nuisibles que lorsqu’ils sont en trop grand nombre et compromettent la récolte.

Nous voyons à entretenir un milieu vivant et diversifié (arbres, zones humides, bandes fleuries, zones non cultivée, forêt, etc.) afin de travailler main dans la main avec la nature qui abrite des prédateurs naturels tel que oiseaux, reptiles, amphibiens, insectes prédateurs…

Si nous devons intervenir, nous pouvons le faire de plusieurs façons, par exemple : Couverture de culture, ramassage manuel ou mécanique de certains insectes, décoctions de plantes répulsives, plantes pièges, pièges collants, introduction de prédateurs, insectes, nématodes, traitement avec des produits naturels acceptés par les normes d’agriculture biologiques tel que : BT, terre diatomée, savon insecticide, pyrèthre, etc.

Le but n’est pas d’éradiquer les insectes dits nuisibles mais de contrôler leurs populations à un taux où elles ne causent pas de dommage économique majeur.

Nous utilisons des composts que nous fabriquons avec différents fumiers provenant de fermes voisines. Tous les résidus de culture sont réincorporés au sol. Nous effectuons une rotation des cultures comprenant des cultures d’engrais verts (plante cultivée puis enfouie au sol où elle se décompose et apporte de la matière organique tout en stimulant la vie microbienne et en recyclant les éléments mobiles qui pourraient être lessivés dans le sol).

Le but est de nourrir le sol qui, à son tour, nourrira la plante.

Nous avons, depuis quelques temps, entendu et lu dans les média que les produits bio pouvaient contenir des résidus de pesticides ou de métaux lourds, allant presque jusqu’à dire que de ce fait, les produits bio n’étaient pas meilleurs que ceux venant de l’agriculture conventionnelle.

Bien que flottant dans un immense univers presque vide, la petite sphère sur laquelle nous vivons ne laisse rien s’échapper. Depuis le début du siècle passé, nous avons fabriqué et utilisé des millions de tonnes de pesticides, les cheminées de nos usines crachent dans le ciel de grandes quantités de métaux lourds et autre polluants, l’activité domestique (voitures, peintures, piles, médicaments etc.) génère une quantité énorme de polluants.

Tout ceci se retrouve dans l’air que nous respirons, les plantes aussi respirent. Dans la pluie qui nous tombe sur la tête, les plantes vivent dehors. Dans l’eau que nous buvons, les plantes ont soif aussi parfois. Dans le sol qui nous porte, les plantes y sont bien enracinées.

En agriculture biologique, nous n’utilisons pas de pesticides de synthèse, le bio est moins énergivore que le conventionnel (40% moindre selon une étude menée en Suisse), il n’y a pas d’antibiotique ni d’hormones de croissance dans la nourriture des animaux mais hélas oui, il est possible de trouver des résidus de pesticides et autres polluants dans les produits bio comme il est possible d’en trouver dans tout ce qui vit sur notre planète. Toutefois, quand il y en a, les quantités sont moindres que dans les produits provenant de l’agriculture conventionnelle et n’ont pas été apportés pour la culture du produit dans lequel ils ont été trouvés mais proviennent de sources déjà existantes dans la nature. Pour que les quantités de polluants de source agricole diminuent plutôt que de ne cesser d’augmenter, la seule solution est de consommer des produits bio pour que cette agriculture moins polluante puisse se développer.

Le lieu de production peut jouer un rôle non négligeable dans l’exposition des plantes aux polluants environnants. La ferme ‘Le Vallon des sources’ est totalement isolée, entourée de forêts, située assez loin d’un grand centre urbain, dans une région où il y a très peu d’industries et pas d’agriculture industrialisée. D’autre part, avant d’être en régie biologique, les sols sont restés plus de 30 ans sans être cultivés et l’eau que nous utilisons pour l’arrosage provient des sources de notre ferme. Nous mettons donc toutes les chances de notre côté pour produire des aliments exempts de contaminant.

En agriculture biologique, nous utilisons principalement des fumiers compostés, ce qui élimine les risques de transmission de pathogènes. Les fumiers frais sont autorisés seulement s’ils sont épandus au moins 4 mois avant la récolte, ce qui laisse un temps suffisant pour la dégradation des pathogènes.

Beaucoup d’études ont été réalisées sur ce sujet, les unes contredisant les autres et ce que nous pouvons conclure c’est que ce n’est pas coupé au couteau. Les légumes bio ont souvent une teneur en matière sèche plus élevée que leurs homologues conventionnels (avec une fertilisation souvent même surfertilisation à base d’engrais azotés de synthèse, les plantes ont tendance à se gorger d ‘eau). Les études sont faussées quand elles sont faites sur une base de matière sèche. Un gramme de matière sèche d’épinard conventionnel peut contenir la même quantité de minéraux et de vitamines qu’un gramme de matière sèche d’épinard bio mais si vous consommez 100 g d’épinards bio vous aurez consommé davantage de minéraux et vitamines qu’avec 100 g d’épinards conventionnel.

Le taux de protéines est parfois plus faible dans certains produits bio comme les grains et les pommes de terre, dû au fait que l’azote de synthèse utilisé en conventionnel est beaucoup plus facilement disponible que l’azote organique apporté par les composts mais, en général, les protéines des produits conventionnels sont de moindre qualité (plus pauvres en méthionine et lysine). Les légumes bio, surtout les légumes feuille, ont tendance à contenir plus de vitamine C, de fer et de calcium que les conventionnels.

Le goût ne peut se quantifier, c’est une question subjective. La variété, le stade de maturité à la cueillette, la fraîcheur, le terroir, sont des éléments très importants dans le goût d’un produit qu‘il soit conventionnel ou biologique. Un melon conventionnel cueilli mûr aura bien meilleur goût que le même melon bio cueilli avant maturité et une laitue qui sort du jardin sera automatiquement meilleure que celle qui a traîné une semaine dans des camions réfrigérés et sur des tablettes de magasin, qu’elle soit conventionnelle ou bio.

Par contre, la fertilisation joue un rôle important. La fertilisation azotée conventionnelle à tendance à faire des produits plus aqueux donc avec des arômes moins concentrés.

En production biologique à petite échelle et vente directe comme dans le cas de l’ASC, nous choisissons plus souvent des variétés pour leur goût que dans le cas d’une production conventionnelle à grande échelle où les variétés sont choisies en fonction du rendement, de la facilité à voyager et de la durée de vie sur les tablettes.

Dans des tests à l’aveugle, certains produits, légumes racine entre autres, se démarquent en faveur du bio.

À vous de goûter!

Si vous posez la question aux géants des biotechnologies et de l’agrochimie, c’est sûr qu’ils vous diront : non!

Il y a actuellement, à l’échelle mondiale, des surplus dans plusieurs productions. Pourtant des centaines de millions de gens ont faim un peu partout sur la planète. Le problème est que ceux qui n’ont pas assez de nourriture sont trop pauvres pour en acheter même à un prix très bas ou n’ont pas la terre pour la produire, ce qui est un problème politique dans bien des pays.

En général les rendements sont un peu plus faibles en bio qu’en conventionnel, allant de presque équivalent dans certaines productions à 30 ou 40% de moins dans d’autres. Les systèmes de production biologique sont plus diversifiés, les problèmes de maladies et de ravageurs ont tendance à être moins graves. Ils préservent la fertilité des sols et un patrimoine génétique beaucoup plus important. Ils sont donc plus stables à long terme.

Une partie des produits agricoles, surtout des céréales et de la cane à sucre sont maintenant utilisés pour la fabrication de biocarburants. Ils se transigent en bourse et leur prix et leur disponibilité dépendent du prix du baril de pétrole et de l’appétit des spéculateurs.

Quand on sait aussi qu’il faut grosso modo 10 protéines végétales pour produire une protéine animale, une alimentation moins carnée rendrait disponible, pour l’alimentation humaine, une grande quantité de produits.

Tout ceci mis ensemble, et le fait que, dans les pays occidentaux nous souffrons plus de suralimentation que de sous-alimentation et qu’en moyenne 50% des produits sont perdus entre le champ et l’assiette. OUI, le bio pourrait nourrir l’humanité.